“Les Intérieurs de Jean Marc Tingaud questionnent la nature du portrait, de la nature morte, de la photographie d’architecture, de la couleur en photographie, du temps, du souvenir et de l’identité. Tout cela sans avoir l’air d’y toucher, avec un calme serein, une attitude contemplative qui se nourrit de tensions intérieures et d’une précision maniaque.

Les images de Tingaud ignorent tout autant l’exotisme que la décoration. Elles sont piégées parce qu’il a piégé lui-même avec patience des espaces infimes qui s’emplissent de sens et d’émotion et que, sous leur apparente sérénité, se bousculent des enjeux essentiels et philosophiques.

La première dimension de l’œuvre de Jean Marc Tingaud pourrait être tout simplement ethnologique et documentaire, au sens où le photographe catalogue, de par le monde, les histoires inscrites sur des murs au fil du temps. En cadrant avec une précision chirurgicale, il isole des rébus qui sont des tranches de vie. C’est un travail sur la mémoire, sur le temps, sur la remontée aux origines, sur l’importance des enracinements. Une manière de regarder comme bouleversantes et parfois incompréhensibles les histoires des autres, mêlée du sentiment de la proximité et du partage.”

Les icônes trouvées de Jean Marc Tingaud. Christian Caujolle (extraits) n°33 de Photographies Magazine 1991