Au fil de l’eau, du pont de pierre qui enjambe la Loire, on voit se dessiner sans fin les remous du fleuve.

La masse tranquille, d’un débit constant, enchassée dans un lit immobile, devrait s’écouler immuablement, chaque molécule empruntant un cours balisé pour aussitôt laisser place à la suivante. Ainsi, les lois de la  physique des fluides obligeraient l’eau à suivre le même chemin, tel remou donnant naissance à tel autre, identique, dans le même instant, à générer sans fin la même image de surface, sans cesse différente et toujours identique à la précédente… en apparence. Mais la Loire est rebelle. Elle a toujours ignoré les théories froides et répétitives du déterminisme pour préférer celles du “chaos”. Ainsi, du beau milieu du pont, en ce point immobile,  se dessinent les ondulations toujours changeantes, toujours mouvantes et sensuelles de l’eau. Jour après jour, à la même heure, j’attends du miroir qu’il me renvoie la même image…en vain. Jour après jour, au fil de l’eau, s’écrit l’histoire du fleuve où nagent les sirènes.